Conseils aux patients
Sécurité des soins : une vigilance continue tout au long du parcours des maladies chroniques
D'après le Dr Arthur Sackeyfio, responsable du service d'orthopédie à l'hôpital FOCOS d'Accra, la sécurité des soins ne se limite pas au diagnostic: elle accompagne le patient du premier examen…

D'après le Dr Arthur Sackeyfio, responsable du service d'orthopédie à l'hôpital FOCOS d'Accra, la sécurité des soins ne se limite pas au diagnostic: elle accompagne le patient du premier examen jusqu'au suivi, en passant par la pharmacie, l'imagerie et l'hospitalisation. À l'occasion d'un panel organisé pour la Journée mondiale de la sécurité des patients 2026, dont le thème portait sur les maladies non transmissibles (MNT), le spécialiste a rappelé que l'hypertension, le diabète, les pathologies cardiovasculaires, les cancers et les maladies respiratoires chroniques imposent une vigilance continue à chaque étape du parcours de soins.
Un risque à chaque transition
Le constat est clinique: la prise en charge d'une MNT s'étale sur des mois, voire des années, et mobilise successivement consultation, laboratoire, pharmacie, imagerie, hospitalisation, sortie et suivi ambulatoire. Or, selon le Dr Sackeyfio, chacune de ces transitions constitue un point de défaillance potentiel. Une erreur d'identification du patient, une communication mal relayée entre services ou une prescription mal transmise suffisent à compromettre un parcours de soins par ailleurs bien conduit.
Le message se retrouve dans d'autres publications récentes. D'après Pharmacy Times, une démarche de stewardship anticoagulant déployée à plusieurs niveaux au sein d'un établissement renforce la sécurité des patients sous anticoagulants. The Manila Times décrit pour sa part un modèle de prise en charge end-to-end conçu par une équipe d'endocrinologie hospitalière pour protéger les patients diabétiques tout au long de leur parcours. Dans les deux cas, la sécurité dépend moins d'un maillon isolé que de la cohérence de l'ensemble de la chaîne.
Le patient comme partenaire de soins
Au-delà des protocoles institutionnels, le spécialiste insiste sur un point souvent négligé: le patient lui-même est un acteur de sa propre sécurité. Cela suppose qu'il comprenne sa pathologie, qu'il connaisse ses traitements et qu'il n'hésite pas à interroger l'équipe soignante. Poser une question au bon moment peut prévenir une erreur de compréhension, un oubli de transmission ou une décision inadaptée à son cas.
Trois réflexes méritent d'être ancrés dans la routine du patient chronique:
- Tenir à jour une liste de ses traitements en cours et la présenter à chaque consultation ou hospitalisation.
- Demander explicitement les motifs d'un nouvel examen, d'un changement de prescription ou d'une sortie, et vérifier la cohérence avec le suivi antérieur.
- Signaler à l'équipe soignante toute situation inhabituelle, plutôt que d'attendre la prochaine visite programmée.
Ce que les établissements doivent changer
Le Dr Sackeyfio appelle également les établissements de santé à instaurer un climat où les erreurs et les quasi-accidents sont traités comme des occasions d'apprendre, et non comme des fautes à sanctionner. Audits, déclarations d'incidents, retours des patients: ces données, lorsqu'elles sont exploitées, révèlent les failles systémiques que la formation continue ne suffit pas à corriger seule.
Pour les patients suivis au long cours — qu'il s'agisse d'hypertension, de diabète ou de pathologies chroniques aggravées par la sédentarité —, la leçon pratique est claire: la qualité du suivi ne se mesure pas seulement à la pertinence du diagnostic initial, mais à la continuité des décisions prises tout au long du parcours. Toute rupture dans cette chaîne — changement de médecin, défaut de transmission entre services, absence d'éducation thérapeutique — représente un risque clinique documenté. Les semaines à venir permettront de voir si les recommandations émises à l'occasion de cette Journée mondiale se traduisent par des protocoles effectivement révisés, en hospitalisation comme en ambulatoire.